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Retrouvez dans un livre d'art, l'histoire de Mulhouse et de ses musées ! Agrémenté d'illustrations ...
De 10 novembre 2011 au 14 octobre 2012
Avec la collaboration de Jean Charles de
Castelbajac
L’enfance’ est un lieu mythique et rêvé, qui touche en
chacun, quel que soit son âge, le plus profond de l’être. Au travers de la
riche collection du Musée de l’Impression sur Etoffes, l’exposition « Il
était une fois… » invite à une promenade au travers de deux siècles dans
les tissus pour enfants. Organisées autour de mises en scènes de divers lieux
de l’enfance englobant objets d’art décoratif et mobilier, l’exposition
explorera, du XVIIIe siècle à nos jours, l’évolution des formes et des motifs
de ces tissus imprimés spécifiquement pour l’enfant.
Des pièces d’ameublement (rideaux, linge de maison), des
mouchoirs illustrés, des jouets, des jeux d’éveil, des vêtements et des
accessoires seront mises en scène de manière chronologique et thématique.
L’aspect contemporain et la vision actuelle de cette
production sera également mise en exergue grâce à la participation d’un grand
nom de la création, personnalité incontournable liée au monde de
l’enfance : Jean Charles de Castelbajac.
Dès notre naissance, nous sommes en contact avec du
textile, le linge de nos berceaux, nos premiers vêtements, notre robe de
baptême… Il ne nous reste que peu de souvenirs de ces premières étoffes qui
nous protègent du froid et qui déjà déterminent ce que nous sommes, fille ou garçon,
ce que nous serons, à quel monde nous appartenons et à quelles règles nous
devons nous soumettre dès notre premier âge.
Sous l’aspect purement utilitaire, les textiles pour
enfant sont le miroir d’une société et reflètent son évolution, révèlent ses valeurs,
ses faiblesses et ses forces. Les textiles imprimés témoignent des
métamorphoses et de l’évolution du mode de vie. Ils accompagnent l’enfant de la
naissance au passage à l’âge adulte.
Sous l’aspect fonctionnel et décoratif, se cachent des
fonctions sociales et éducatives déterminant le rôle attribué à chaque sexe. Au
fil du temps, un marché textile spécifique de l’enfant va se développer. Il
devient alors le reflet des goûts, des loisirs, du mode de vie des différentes
époques.
La définition de l’enfant, sa place dans la société, le
passage à l’âge adulte évoluent au fil du temps. Si, jusqu’au XVIIIe siècle, il
n’est considéré que comme un petit adulte, élément essentiel pour la survie
d’une famille dans un mode précaire à forte mortalité, il devient sous l’esprit
des Lumières un être à part qu’il faut mener à l’âge adulte. La publication en
1762 de L’Emile ou l’Education de Jean Jacques Rousseau constitue un premier
pas vers un changement de son statut.
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les textiles sont
d’ornement ou d’habillement. Sur les premiers destinés à l’ameublement des
intérieurs, l’enfant est un élément de vocabulaire décoratif. Il apparaît dans
les toiles de Jouy et de Nantes, dans des scènes bucoliques, habillé en petit
berger ou petit paysan. Pour le vêtement, celui de l’enfant n’est qu’une
reproduction miniature de celui des adultes, les étoffes sont celles utilisées
pour les grands.
Vers la fin du XVIIIe siècle, une modification subtile se
fait au travers des toiles à personnages. Une mise en place de valeurs
s’effectue : pas d’étoffes spécifiques pour les enfants mais des étoffes
qui racontent des histoires. Celles qui ornent les intérieurs bourgeois sont
élevées au rang d’exemple. L’amour de la famille, le respect des générations, le
mariage, la réussite par le travail, l’amour de la patrie, la religion,
l’éducation, la littérature, le bon goût sont autant d’éléments constitutifs
d’une intégration sociale et du chemin vers la réussite. Dans une société où
l’enfant passe progressivement d’un rôle d’élément de survie à celui de
continuateur ayant une individualité, le textile se voit attribuer une fonction
éducative qu’il ne quittera plus jusqu’à nos jours.
Le monde bourgeois sous Louis Philippe et à l’époque
Biedermeier de manière générale, sont fondées sur la notion de famille.
L’enfant a son propre univers, sa chambre, mais tout dans le vêtement comme
dans l’ameublement, est copié sur l’univers des adultes. Les jouets n’ont
qu’une fonction éducative : faire de la fille une maîtresse de maison
accomplie et du garçon l’héritier adulte d’une entreprise, d’une dynastie.
Vers 1880, apparaissent les premiers tissus imprimés
destinés aux enfants. Ils montrent garçons et filles dans leur quotidien,
jouant au criquet, sur les premières bicyclettes ou aux bains de mer. On y
croise les premiers héros, principalement littéraires, comme Chanteclerc
d’Edmond Rostand, les premiers aéroplanes, les premières automobiles. Ces
étoffes, destinées surtout à l’habillement, s’adressent aux classes aisées et
témoignent de leur mode de vie. A la même période, des enfants travaillent dans
les usines ou les mines.
Dans les années 1920, le marché de l’enfant se développe.
Les tissus montrent avec humour les enfants en petits adultes dans des scènes
quotidiennes dont certaines véhiculent un esprit colonialiste. Les héros sont
majoritairement littéraires mais on trouve aussi les premiers personnages de
cinéma, tel que Charlot ou Mickey.
Après la seconde guerre mondiale, le marché explose et
l’enfant devient un enfant marketing. Le textile reste un outil d’éveil,
d’apprentissage mais aussi de consommation de masse. Les rôles sont
inchangés : il y a des tissus pour les filles et des tissus pour les
garçons. Les filles jouent à la Barbie, s’habillent en princesse, cuisinent et font
le ménage. Les garçons jouent au soldat, s’habillent en cow-boy, roulent en
voiture.
Après 1968, l’enfant acquiert une autonomie accrue dans
le choix des couleurs et des motifs, et l’adolescent plébiscite les marques
pour affirmer sa personnalité. Les héros de séries télévisées ou de cinéma font
leur apparition aussi bien sur les vêtements que dans le décor de la chambre,
symboles d’une culture de masse qui uniformise progressivement la production
mondiale. Les tissus restent vecteurs de valeurs mais celles-ci ont évoluées et
d’autres sont apparues tel le respect des autres ou l’écologie.
Il était une fois… Jean Charles de Castelbajac
« Toute mon inspiration est toujours venue de mon
enfance. » jean Charles de Castelbajac
Le musée de l’Impression sur Etoffes, riche de plus de 6
millions de documents textiles du 18e siècle à nos jours, entretient
depuis toujours des relations privilégiées avec la création contemporaine.
Mettre en relation la richesse d’un passé industriel et la créativité, le
savoir-faire de grands couturiers contemporains est l’une des grandes
orientations du Musée de l’Impression. Aussi, dans le cadre de l’exposition
« Il était une fois… », le MISE est particulièrement honoré de
pouvoir accueillir dans ses murs le célèbre couturier Jean Charles de
Castelbajac, personnalité incontournable liée au monde de l’enfance.
Couleurs acidulées, innocence et esprit ludique, les
vêtements du couturier son le reflet de son infini intérêt pour ce thème. Dans
un espace dédié, habillé d’une création inédite réalisée pour le Musée de
l’impression sur Etoffes, le visiteur est invité à pénétrer dans cet univers,
tout à la fois surprenant, décalé et féerique où il côtoiera les héros de son
enfance (personnages de Walt Disney, Petit Prince, Nounours, Légos…). Un retour
vers l’enfance qui s’annonce pour le moins drôle et dépaysant.
Pour célébrer et garder trace de cette belle
collaboration, Jean Charles de Castelbajac signe en exclusivité une création
inédite spécifiquement réalisée pour le Musée de l’Impression sur Etoffes, qui
sera éditée sur un joli voile de coton, idéal pour égayer les journées
hivernales…