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Cité de l'Automobile - Musée de l'Automobile

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L'histoire de la Cité de l'Automobile
Le Musée de l'Automobile devient la Cité de l'Automobile

Histoire de la cité de l’automobile

Lithograohie 1912 - Cité de l'AutomobileLa Cité de l’Automobile présente plus de 400 voitures de rêve constituant l’une des plus belles collections du monde. Le musée est installé dans une ancienne filature de laine achetée par les Frères Schlumpf en 1957 et transformée quelques années plus tard en écrin pour leur collection.

1957 - 1965 : HKD, une usine textile

1957
Rachat de l'usine textile HKD (Heilmann, Koechlin, et Desaulles), ancienne filature de laine à Mulhouse, par les Frères Schlumpf. Elle est rebaptisée HKC ("C" pour compagnie). Décès de leur mère, Jeanne Schlumpf. Fritz Schlumpf commence à acheter des voitures anciennes après avoir participé à de nombreux rallyes avec sa Bugatti 35B depuis 1939.

Histoire des Frères Schlumpf

Les deux frères sont nés (en 1904 – Hans, et Fritz en 1906) en Italie d'un père suisse et d'une mère mulhousienne, Jeanne Becker. La famille s'installe à Mulhouse en 1906. Leur père Carl travaille alors comme comptable de la société d'horticulture Becker employant une centaine de personnes, mais sa santé se dégrade et il succombe en août 1918.

Hans est envoyé dans une école privée en Suisse et obtient un diplôme supérieur de commerce. Il travaille ensuite dans deux banques mulhousiennes avant de s'associer à son frère en 1929.

Fritz fréquente le lycée public de Mulhouse jusqu'en terminale. Embauché dans des entreprises textiles mulhousiennes, il s'installe à son compte en 1928 dans le courtage de laine.

En 1935, les deux frères fondent la SAIL (Société Anonyme pour l'Industrie Lainière) et achètent leurs premières actions de la filature de Malmerspach et prennent le contrôle de diverses sociétés en 1940, puis en 1956 à Erstein, puis à Roubaix.

1961 - 1963 Achats massifs de voitures anciennes réalisés en secret

Pour effectuer ces achats, Fritz Schlumpf noue une série de contacts avec des "rabatteurs" en France, en Suisse, en Angleterre, en Italie, en Allemagne et aux Etats-Unis. Certains de ces contacts sont très fructueux puisque 13 d'entre eux lui procurent la moitié de sa collection soit plus de 200 voitures. Parmi eux figure M. Rafaelli, agent Renault possesseur de plusieurs Bugatti, qui accepte de devenir son conseiller d'achat. Cette collaboration dure plusieurs années. Le riche industriel achète sans répit les voitures européennes de la haute époque en refusant les modèles américains.

Mai 1965 Parution du premier article dans l'Alsace révélant l'ampleur de cette collection dissimulée.

En effet, Fritz Schlumpf n’autorise l’entrée des entrepôts de l’usine qui renferment les voitures qu’à quelques privilégiés.

1966 - 1977 : Musée Schlumpf

1966 Les travaux de mise en valeur de la collection débutent. L’objectif de Fritz Schlumpf est désormais de dévoiler pour la première fois au public l’ensemble exceptionnel qu’il a réussi à réunir en quelques années. Il aménage une partie des entrepôts de l’usine et crée ainsi le « Musée Schlumpf ».

Le chantier est de taille et s'échelonne sur de nombreuses années : ils ont abattu toutes les cloisons du grand bâtiment à sheds séparant les différents espaces de production. Cette nouvelle salle d'exposition de 17 000 m² d'un seul tenant est subdivisée en 23 "quartiers", comprenant 10 à 20 voitures et bordés de trois kilomètres d'allées carrelées de grande largeur baptisées "Avenue Carl Schlumpf", "Avenue Jeanne Schlumpf", "Rue Royale", .... Différents espaces de services sont créés en périphérie. Parallèlement, les interventions de remise en état des voitures s'accélèrent. Elles nécessitent 7 aides mécaniciens, 2 selliers, 2 ferblantiers, 1 aide ferblantier, 5 peintres.

Pour acheter et exposer sa collection, Fritz Schlumpf a ainsi dépensé, en dix ans, environ 12 millions de francs.

28 juin 1976 L’usine textile est en crise. Les salariés sont en grève. Les syndicats dénoncent "l'absence de concertation" et "le détournement des lois" pratiqués par les deux industriels. Les Frères Schlumpf tentent de vendre leurs usines pour un Franc symbolique. Constatant l'absence de propositions, ils démissionnent et se réfugient à Bâle. Ils ne reviendront plus jamais en France.

Fin 1976 Les 20 ouvriers restant à l'usine HKC sont licenciés et les scellés sont posés. Une longue période de procès débute alors, opposant les Frères Schlumpf à leurs créanciers, parmi lesquels se trouvent les salariés.

1977 - 1979 : Musée des Travailleurs

7 mars 1977 Occupation des entrepôts par les syndicats

Le "Musée Schlumpf" est débaptisé ; il devient "Musée des Travailleurs" : "nous le rendrons quand nous aurons retrouvé notre travail dans nos usines". Sous la surveillance du syndicat CFDT, l'entrée du musée est gratuite, l'occupation est expliquée aux centaines de milliers de visiteurs et une collecte organisée à la sortie est destinée à couvrir les frais nécessaires liés à l'ouverture du musée et à la poursuite de l'action. "Je gagnais 1400F par mois, voilà où est passé le reste", explique un des nombreux écriteaux placés sur la calandre d'une voiture de course. C'est le début de l'affaire Schlumpf ...

1978 Sous l'impulsion de Jean Panhard, la collection est classée en Conseil d'Etat, au titre des Monuments Historiques, interdisant de fait à tout élément de quitter le territoire français.

1979 La Cour d'Appel de Colmar confirme l'extension de la liquidation aux biens personnels des Frères Schlumpf (y compris la collection de voitures restaurées sur les fonds des usines). Quelques heures après cet arrêt, la CFDT restitue les clés de l'usine.