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Les plus anciennes de ces collections ont été rassemblées par les industriels et forment le Service d’utilisation des documents du Musée, une colossale banque d’images textiles. Du milieu du XVIIIe siècle, jusqu’à la période contemporaine, plus de 6.000 volumes, nommés autre fois grands dormants, protègent une documentation étonnante. C’est à chaque fois une plongée dans un monde inconnu pour les visiteurs à l’ouverture de ces couvertures anciennes. Le travail des dessinateurs est passé dans le quotidien, et on a oublié la vivacité des couleurs, la modernité des motifs tracés dès le XVIIIe siècle, l’énorme variété des ces innombrables rayures, carreaux, fleurs, bordures, qui ont habillé des générations entières de coton en été ou de laine en hiver. On peut y lire l’évolution des modes, des styles décoratifs, on y découvre des textiles anciens qui paraissent neufs.
La collection regroupe des livres de dessins et d’empreintes qui couvrent bien la production mulhousienne, mais qui va bien au-delà, dans toute l’Europe. De rarissimes empreintes anglaises des années 1770, témoignent du superbe travail des anglais à réaliser des toiles monochromes, bien avant C.P. Oberkampf et ses toiles de Jouy. Des empreintes de Nantes nous montrent les motifs des plus simples aux plus complexes et dévoilent d’étonnantes indiennes destinées à la traite des noirs. Les livres de
Pour les débuts de Mulhouse, on conserve peu de choses, quelques échantillons dont les étiquettes manuscrites précisent source et date. Seule
Au XIXe siècle, les
Dans les années 1960, Pierre Jaquet, alors vice-président du Musée a rassemblé des outils et des machines d’impression quand il a pu en trouver et les faire installer. Le projet culturel du Musée a intégré cette donnée avec pour chaque époque, la présentation technique complétée par les dessins et la chimie des colorants et si possible par les textiles réalisés.
Le parcours muséographique privilégie donc une technique par étage, au rez-de-chaussée l’impression à la planche en relief et le XVIIIe siècle et au premier l’impression aux rouleaux de cuivre et leurs grandes machines du XIXe siècle. Le second étage dédié à l’impression au cadre plat et rotatif du XXe siècle, n’a pas été réalisé pour des raisons budgétaires.
La collection technique est en grande partie visible dans les salles, seules une partie des trois milles planches gravées, est présente accompagnée de la table d’im
pression, de ses bacs à couleurs et de ses maillets. Pour le second étage, les grandes machines ont été placés par ordre d’arrivée dans le temps, 1809, machine Lefèvre,1 rouleau ; 1852, Machine André Koechlin, 4 rouleaux ; début XXe siècle, Machine à échantillonnage de Bâle, avec un petit rouleau. A leur côté, on note des machines à coudre et des racles nécessaires à leur fonctionnement. Un intrus s’est immiscé dans la salle, une Perrotine ou machine à mécaniser l’impression à la planche dont le brevet date de1832. Le parcourt se veut pédagogique on y montre le travail de gravure des planches et des rouleaux, de même que pour la chimie, l’évolution des processus indiens de coloration aux colorants de synthèse. Quelques machines d’impression au cadre de petites tailles et des machines à coudre attendent encore d’être exposées à leur tour.