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Musée de l'Impression sur Etoffes

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Les secrets du Musée de l'Impression sur Etoffes
Les collections textiles

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Les collections : Le SUD

musée textileLes plus anciennes de ces collections ont été rassemblées par les industriels et forment le Service d’Utilisation des Documents (S.U.D) du Musée, une colossale banque d’images textiles. Du milieu du XVIIIe siècle, jusqu’à la période contemporaine, plus de 6.000 volumes, nommés autre fois grands dormants, protègent une documentation étonnante. C’est à chaque fois une plongée dans un monde inconnu pour les visiteurs à l’ouverture de ces couvertures anciennes. Le travail des dessinateurs est passé dans le quotidien, et on a oublié la vivacité des couleurs, la modernité des motifs tracés dès le XVIIIe siècle, l’énorme variété des ces innombrables rayures, carreaux, fleurs, bordures, qui ont habillé des générations entières de coton en été ou de laine en hiver. On peut y lire l’évolution des modes, des styles décoratifs, on y découvre des textiles anciens qui paraissent neufs.musée textile

La collection regroupe des livres de dessins et d’empreintes qui couvrent bien la production mulhousienne, mais qui va bien au-delà, dans toute l’Europe. De rarissimes empreintes anglaises des années 1770, témoignent du superbe travail des anglais à réaliser des toiles monochromes, bien avant C.P. Oberkampf et ses toiles de Jouy.  Des empreintes de Nantes nous montrent les motifs des plus simples aux plus complexes et dévoilent d’étonnantes indiennes destinées à la traite des noirs. Les livres de la Manufacture de Jouy présentent la mode de l’époque révolutionnaire, ses petites fleurs réalistes gouachées à fond blanc ou noir ou les centaines d’empreintes à motifs géométriques d’une insolente modernité, puis plus tard les premières palmettes cachemires en de multiples variations pour orner châles ou robes.

Pour les débuts de Mulhouse, on conserve peu de choses, quelques échantillons dont les étiquettes manuscrites précisent source et date. Seule la Manufacture Haussmann du Logelbach, près de Colmar, a offert au Musée au milieu du XIXe siècle un ensemble important des dessins, d’empreintes, et d’échantillons pour la robe ou les mouchoirs de très grande qualité.

Au XIXe siècle, les 70 livres des Prud’hommes, nous montrent une saison après l’autre, les dépôts de dessins des nombreuses manufactures alsaciennes. On ne se copie pas, mais les tendances à suivre, pour plaire au public, sont fortes et les années dégagent une unité. Les livres étant rangés dans l’ordre d’arrivée des dons et on y découvre des merveilles d’impression sur soie ou vers le milieu du XIXe siècle sur laine. On est étonné par les prodiges d’adresse à la fois des coloristes mais aussi des graveurs et des imprimeurs. La grande manufacture Dollfus Mieg & cie,  passe allégrement, comme celle des Frères Koechlin ou Thierry Mieg & Cie, des cotons rouge turc objets d’une exportation massive à l’impression des cachemires sur laine fine. L’aventure de la palmette se construit à partir de gouaches, d’empreintes réalisées avec les planches à relief de plombine aux motifs arachnéens.  Dans le même temps, la gravure fait des progrès énormes, l’impression au rouleau couvre des kilomètres de toiles monochromes qui inventent pour l’ameublement tous les motifs, des inspirations romantiques aux envolées orientalistes ou politiques,  des ornements précieux, aux fleurs exubérantes. L’acquisition du fonds de Texunion, en 2001, a permis d’enrichir la collection  de 3.600 livres nouveaux, parmi lesquels on peut choisir les  volumes d’empreintes de l’entreprise de Bourgoin-Jallieu Brunnet-Leconte et de ses fleurs des années 1930. Il reste bien des merveilles à découvrir dans ce centre, qui enrichiront notre connaissance et fourniront les expositions temporaires du futur.

Les collections techniques

musée textileDans les années 1960, Pierre Jaquet, alors vice-président du Musée a rassemblé des outils et des machines d’impression quand il a pu en trouver et les faire installer. Le projet culturel du Musée a intégré cette donnée avec pour chaque époque, la présentation technique complétée par les dessins et la chimie des colorants et si possible par les textiles réalisés.

Le parcours muséographique  privilégie donc une technique par étage, au rez-de-chaussée l’impression à la planche en relief et le XVIIIe siècle et au premier l’impression aux rouleaux de cuivre et leurs grandes machines du XIXe siècle. Le second étage dédié à l’impression au cadre plat et rotatif du XXe siècle, n’a pas été réalisé pour des raisons budgétaires.

La collection technique est en grande partie visible dans les salles, seules une partie des trois milles planches gravées, est présente accompagnée de la table d’immusée textilepression, de ses bacs à couleurs et de ses maillets. Pour le second étage, les grandes machines ont été placés par ordre d’arrivée dans le temps, 1809, machine Lefèvre,1 rouleau ; 1852, Machine André Koechlin, 4 rouleaux ; début XXe siècle, Machine à échantillonnage de Bâle, avec un petit rouleau. A leur côté, on note des machines à coudre et des racles nécessaires à leur fonctionnement. Un intrus s’est immiscé dans la salle, une Perrotine ou machine à mécaniser l’impression à la planche dont le brevet date de1832. Le parcourt se veut pédagogique on y montre le travail de gravure des planches et des rouleaux, de même que pour la chimie, l’évolution des processus indiens de coloration aux colorants de synthèse. Quelques machines d’impression au cadre de petites tailles et des machines à coudre attendent encore d’être exposées à leur tour.